L’Italie file en finale, les Red Aces peuvent être fiers d’eux
Dans une ambiance de feu, surtout à la fin du deuxième match, l’Italie s’est imposée 2-0 face à la Belgique. Très franchement, le score aurait pu être tout autre : Zizou Bergs a eu sept balles de match face à Flavio Cobolli, et Raphaël Collignon aurait pu prendre le deuxième set contre Matteo Berrettini. Mais ce que l’on retiendra surtout, c’est la combativité, la solidarité et l’esprit de corps de ces Red Aces, promis à un superbe avenir.
Le tennis est un sport cruel. Cruel et parfois facétieux, car une seule balle peut changer le cours d’un match, voire d’une rencontre. Vendredi, sans dire que la Belgique « méritait » la victoire, il n’aurait pas été anormal que la paire de double finisse par monter sur le terrain pour disputer un match décisif.
Après son come-back incroyable de mardi dernier face à Corentin Moutet, Raphaël Collignon aurait pu entamer une nouvelle remontada s’il avait réussi à convertir la balle de break obtenue dans le deuxième set à 3-2. Hélas, il a choisi de monter sur le coup droit du solide Italien, qui ne s’est pas fait prier pour le transpercer. Rien ne dit que, menant 4-2, le Belge se serait imposé, mais le match aurait sans aucun doute été différent.
C’est toutefois le début de rencontre qui a le plus handicapé Collignon, contraint de courir derrière le score. En cause : un service trop timide et surtout des balles trop courtes.
« Je ne suis pas du tout entré dans ce match comme je l’aurais voulu, expliquait-il, abattu. Évidemment, Matteo a très bien joué, mais il faut reconnaître que je l’ai laissé faire. Je jouais trop court, et il a pu entrer dans le terrain comme il adore le faire. Face à lui, il faut être présent dès le début car il aime venir vers le filet et ne donne pas beaucoup l’occasion de faire des gammes. Il est complètement différent d’Alex De Minaur, contre qui vous avez le temps de vous mettre en jambes. Je suis vraiment triste car je voulais mieux faire pour l’équipe, pour le pays, pour les supporters.»
À 1-0 pour l'Italie, Zizou Bergs savait qu'il n'avait pas d'autre choix que de battre Flavio Cobolli. L'Italien est entré dans le match comme une furie et a immédiatement trouvé son rythme au service. Il a logiquement remporté le premier set et a continué à très bien servir ensuite. Il aura fallu un Zizou flamboyant pour égaliser, grâce à un tie-break parfaitement géré.
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La troisième manche fut dantesque. Les deux joueurs ont offert un spectacle de très haut niveau. Impossible de deviner qui sortirait vainqueur : tant Cobolli que Bergs ont obtenu des balles de break sans jamais les convertir. Tout s’est donc joué au tie-break, le sixième plus long de l’histoire de la Coupe Davis. Verdict : 17-15 pour Cobolli, après que Bergs a obtenu… sept balles de match. « Je me suis battu sur toutes les balles, analysait Zizou, évidemment terriblement déçu. Je sais que j’ai peut-être fait de mauvais choix, surtout à 6-4, mais je regardais toujours vers l’avant. Cela n’a pas fonctionné. Je suis traversé par différentes émotions : j’ai pris beaucoup de plaisir sur le terrain, il y a eu des moments incroyables, l’ambiance était dingue. Je suis aussi très frustré, triste, car j’aurais voulu gagner pour cette fantastique équipe, pour nos supporters et pour notre pays. Mais je suis aussi très fier de ce que nous avons réalisé, tout au long de ce Final 8 et de cette campagne 2025. »
« Je suis terriblement déçu, avouait logiquement le capitaine Steve Darcis. Le premier match n’a pas été bon et Raph n’est jamais vraiment entré dans sa rencontre. Mais cela aurait pu tourner s’il avait réussi cette balle de break. Quant à Zizou, son match a été exceptionnel. Il aurait pu tourner en notre faveur, mais il fallait bien un vainqueur. Il n’y a rien à dire à Zizou, si ce n’est : BRAVO ! » Après avoir digéré la défaite, les Red Aces regarderont leur campagne avec fierté — et ils auront bien raison. On ne bat pas l’Australie et la France par hasard, et on ne pousse pas le double tenant du titre dans ses derniers retranchements par hasard non plus.
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« Évidemment que nous devons être fiers d’eux. Ils ont réussi quelque chose d’incroyable, de fantastique. Mais ils sont peut-être encore un peu jeunes pour aller plus loin. Je suis certain qu’ils vont beaucoup apprendre de cette semaine, de la victoire contre la France et de la défaite contre l’Italie. Nous reviendrons plus forts l’an prochain pour viser encore une fois notre objectif : la Coupe Davis. » La Coupe Davis qui est, rappelons-le, le Championnat du monde du tennis. Un championnat du monde dont la Belgique est… demi-finaliste. Formidable résultat qui en appelle d’autres, sans aucun doute.
RÉSULTATS
Fiers des Red Aces
La Belgique s'incline en demi-finale contre l'Italie lors des finales de la Coupe Davis, mais quelle bataille nos joueurs de tennis ont livrée sous la houlette de leur capitaine Steve Darcis ! Avec leur combativité, leur esprit d'équipe et leur grinta sans faille, ils ont fait rêver toute la Belgique.
Pas de finale, mais une équipe dont on peut être incroyablement fier. Le meilleur reste à venir!

